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Transpondeur
À bord d’un vaisseau spatial, le dispositif appelé transpondeur est bien plus qu’un simple système automatique d’identification et de communication. Il s’agit d’un système de sécurité complexe censé contenir des informations infalsifiables sur le statut, l’immatriculation et les propriétaires du vaisseau.
Le transpondeur a pour fonction première d’identifier automatiquement le vaisseau chaque fois qu’il est sondé (lors d’un « ping ») ou que des communications sont établies. Il ajoute systématiquement le nom, le port d’attache et la classe du vaisseau à chaque transmission, ces données étant ensuite enregistrées avec le message lui-même par le vaisseau récepteur.
Les transpondeurs disposent de quatre modes de fonctionnement, bien que tous ne soient pas accessibles à l’ensemble des utilisateurs.
Actif : le transpondeur émet un signal toutes les quelques secondes, diffusant les données de base du vaisseau. Ce mode est utilisé dans les zones sûres où un navire n’a aucune raison de dissimuler sa présence. Un transpondeur actif signale le vaisseau aux autres appareils, ce qui permet d’anticiper les changements de cap pour écarter tout risque de collision.
Passif : le transpondeur n’émet aucun signal continu, mais répond s’il est sondé par un autre appareil. Ce mode est prisé par les armateurs préférant rester aussi discrets que possible, notamment dans les systèmes pionniers où la piraterie est monnaie courante. Les astroports émettent généralement un balayage actif continu, ce qui force les vaisseaux en approche à se révéler.
IFF : le mode IFF (Identification Ami-Ennemi) est l’apanage exclusif des vaisseaux militaires et paramilitaires. Le transpondeur reste muet à moins de recevoir un sondage accompagné des codes d’interrogation corrects. Les réponses sont émises à faible puissance et de manière directionnelle, réduisant ainsi les risques de détection. Bien que l’IFF serve à distinguer les appareils alliés des menaces potentielles, il est avant tout utilisé pour le maintien en formation des escadrons et les opérations de petits vaisseaux, permettant aux membres d’une même force de se suivre sans claironner leur présence à tous les navires du secteur. En mode IFF, le transpondeur ne répondra pas automatiquement à une interrogation provenant d’un autre système dépourvu des bons codes, mais il alertera l’opérateur et lui donnera la possibilité d’autoriser une réponse manuellement.
Furtif : en temps normal, il est impossible d’éteindre un transpondeur, du moins sans le modifier physiquement. Il est en revanche possible d’activer le mode « furtif ». Cela empêche le transpondeur de répondre aux sondages, une fonction utilisée en cas d’urgence pour se cacher de forces hostiles. Toute activation du mode furtif est automatiquement consignée dans le journal de bord du vaisseau et devra être justifiée si ce dernier est inspecté. La plupart des vaisseaux civils possèdent un code de contournement intégré à leur transpondeur : même en mode furtif, l’appareil répondra à une impulsion d’interrogation provenant d’un vaisseau correctement équipé. Les navires de la marine disposent de cette capacité, bien que son efficacité dépende des codes qui leur ont été fournis. Si les codes de contournement pour la navigation d’une région tombent entre de mauvaises mains, ils doivent être modifiés d’urgence, car aucun vaisseau marchand ne peut se cacher d’un pirate capable de demander numériquement à sa cible sa position exacte.
Face à l’impulsion d’interrogation d’un navire équipé en conséquence, le transpondeur transmettra également une version abrégée du journal de bord. Il s’agit simplement d’une série de codes de validation indiquant quand le vaisseau s’est amarré à un astroport et quand il l’a quitté, ainsi que l’horaire de ses sauts et de ses retours dans l’espace normal (sans en préciser les coordonnées). Cet « historique de vol » est automatiquement mis à jour avec les codes d’identification des astroports de classes A et B. La plupart des ports de classe C et quelques-uns de classe D fournissent également un tel code. Un vaisseau présentant quelques vides dans son journal d’entrées et de sorties ne paraîtra pas d’emblée suspect, mais les vaisseaux de patrouille examinent cet historique pour repérer les navires justifiant un abordage et une fouille en règle.
Le transpondeur d’un vaisseau contient une autre donnée capitale : le statut de son hypothèque. Un navire opérant dans les confins de la galaxie peut peiner à honorer ses traites à temps ; c’est pourquoi cette fonction est gérée par le système informatique dédié du transpondeur. Les paiements peuvent être versés électroniquement sur un compte séquestre interne, lors d’une transaction à sens unique, l’équipage n’ayant plus accès à ces fonds une fois déposés. Lorsque le vaisseau accoste dans un port relié au système bancaire interstellaire, le transpondeur débloque le paiement qui est alors transféré au créancier. La plupart des astroports de classes A et B disposent de cette infrastructure.
Si aucun paiement n’est reçu pendant une longue période, le détenteur de l’hypothèque peut déclarer le vaisseau suspect et lancer un avis de recherche. Cependant, il arrive souvent que les fonds soient simplement bloqués sur le compte séquestre interne, en attente d’une escale adéquate. Si c’est le cas, le transpondeur du vaisseau indiquera que les paiements sont provisionnés, et les patrouilles ne classeront pas le navire comme « défaillant ».
Un avis de défaillance attirera inévitablement l’attention d’agents de recouvrement et d’autres enquêteurs officiels ou indépendants, qui se feront un plaisir de pourrir la vie de l’équipage. L’alerte peut être levée dans un astroport correctement équipé, même si le paiement mettra un certain temps à parvenir au créancier. Des retards de ce genre peuvent être exploités par les deux parties, mais dans l’ensemble, le système fonctionne plutôt bien. Voir aussi Modifications de transpondeur ← Retour
